Alliances et reseaux de cabinets d'avocats: leur fonctionnement et ce qu'ils apportent vraiment a leurs membres

AuteurLegal News
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Nationaux ou internationaux, organisés selon des critères géographiques ou de spécialités, les réseaux et alliances de cabinets d'avocats sont nombreux. Que faut-il voir et comprendre au-delà de tel ou tel logo placé dans un coin du papier en-tête d'un cabinet d'avocats ? Dans le discours, le propos est toujours le même : le réseau existe pour combler les désavantages liés à la taille. Est-ce dire que les réseaux proposent une alternative crédible aux services proposés par les cabinets globaux ? La réponse est plus subtile.

A travers plusieurs exemples de réseaux très différents, nous avons voulu montrer ce que ces modes de travail collaboratif entre cabinets pouvaient apporter à leurs membres ainsi qu'à leurs clients. Nous avons aussi voulu montrer qu'il ne s'agit pas simplement pour un cabinet de faire partie d'un réseau pour en récolter des bénéfices en cascade. Un réseau de cabinets doit vivre et pour ceci, exige des moyens matériels et humains importants. Enfin, nous avons pu voir que les réseaux qui fonctionnent sont ceux dans lesquels les membres se comprennent et se ressemblent. Une réalité simple dont la mise en ceuvre est souvent complexe.

Le travail autour d'une specialite

L'Alliance Fiscale est un exemple simple mais néanmoins très efficace de ce que peuvent faire des avocats qui souhaitent regrouper certaines de leurs forces autour d'une pratique commune, en l'occurrence le droit fiscal. Ce petit réseau de trois cabinets regroupe Moisand Boutin & Associés, Villemot Page 2 Névot Barthès & Associés, Castro & Associés ainsi que l'avocate, Delphine Charles-Perronne. Ceux des associés de ces cabinets impliqués dans l'Alliance Fiscale sont tous des anciens associés de PriceWaterhouseCoopers et de Deloitte.

Nous connaissions le bénéfice des discussions techniques qui avaient lieu quand nous étions chez les grands

, explique Dorothée Traverse, avocat associée chez Moisand Boutin & Associés et membre très active de l'Alliance Fiscale. Cette alliance n'a pas d'existence juridique et constitue en quelque sorte un réseau d'assistance technique entre ses différents membres.

Nous nous réunissons une fois par mois pour une réunion de deux heures au cours de laquelle les discussions sont très intenses et le niveau technique très élevé. Nous sommes très disciplinés dans notre organisation et les associés sont très nombreux à chaque discussion

, poursuit Dorothée Traverse. Ces réunions mensuelles obéissent en effet à une routine bien rôdée. Après une demi heure de discussions entre associés, ceux-ci sont rejoints par leurs collaborateurs. Commence alors une revue de jurisprudence et un examen des dernières nouveautés avant que ne s'engagent les discussions techniques.

L'Alliance Fiscale est née d'une vocation de support technique et d'échange de réflexions de ses membres. Assez vite, ce travail en commun a eu pour conséquence des échanges de dossiers entre les cabinets (notamment dans le cas de conflits d'intérêts) mais a aussi créé l'occasion pour ces avocats de grouper leurs forces dans des dossiers importants et complexes ou encore dans le cadre d'actions de lobbying.

Malgré son absence de statut juridique, les membres de l'Alliance Fiscale ont constaté l'importance de donner un nom à leur démarche. L'Alliance Fiscale est donc devenue un concept qui fédère les énergies de ses membres et qui matérialise cette union au-delà des cabinets et vis-à-vis des clients.

Chaque année, l'Alliance Fiscale organise un évènement auquel assiste près d'une centaine de personnes : directeurs fiscaux de grands groupes, magistrats, fonctionnaires européens ou encore des journalistes. Il s'agit d'une formation autour d'un thème précis. Celui de l'année dernière était le Nouvel abus de droit. En plus de cet évènement, l'Alliance organise aussi des petits déjeuners pour ses clients et contacts ainsi que, chaque année, une présentation de la Loi de Finances et une réunion au mois de juin pour faire un tour de l'actualité fiscale.

Interrogée sur son souhait éventuel d'élargir l'Alliance Fiscale, Dorothée Traverse est réservée. Elle explique que malgré les sollicitations, le souhait de l'Alliance est de rester un petit groupe de personnes qui se connaissent et s'entendent très bien. Elle souligne aussi qu'à la différence de certaines initiatives de rapprochement qui sont un préalable à une fusion, les membres de l'Alliance Fiscale souhaitent conserver leur indépendance.

Les clients perçoivent de manière très positive cette initiative. « Nos clients aiment cette idée d'échange d'information entre...

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